Fascias: le réseau qui relie tout
Sauter, sprinter, s’étirer: tous ces exercices ne seraient pas possibles sans les fascias. Ce tissu souple qui parcourt tout le corps maintient les muscles et les organes littéralement «en forme» et en bonne position, et conditionne la souplesse des mouvements par un transfert de force.
Les fascias : un réseau d'informations
On distingue plusieurs types de fascias. Les fascias superficiels, situés sous la peau. Les fascias profonds qui enveloppent les muscles, les os et les vaisseaux sanguins, les fascias viscéraux qui entourent les organes. Il y a aussi les fascias méningés qui enveloppent le cerveau. Le péricarde et la plèvre sont également des fascias. Les fascias donnent de l’élasticité et de la mobilité aux muscles et organes. Les fascias superficiels recueillent toutes sortes d’informations: les douleurs, la position du corps dans l’espace, la température ambiante.
Les fascias pèsent 20 kilos
On estime que l'ensemble des fascias pèsent une vingtaine de kilos chez une personne adulte.

Les fascias sont soumis au stress
Autour de chaque fibre musculaire, de chaque faisceau de fibres musculaires et de chaque muscle, il y a un fascia. Ce système fascio-musculaire est riche en nerfs et récepteurs sensoriels. C’est pourquoi le stress peut être communiqué aux fascias à travers du système nerveux.
Entraînement des fascias
Un entraînement des fascias peut leur redonner de la souplesse (voir les pages 22 et 23). Bouger, étirer, rouler, balancer, telle est la recette pour les rendre plus mobiles. Il est également important d’éliminer les facteurs de surcharge.
Tantôt trop durs, tantôt trop mous
Les tissus fasciaux abritent également des cellules qui produisent des substances gélatineuses comme l’acide hyaluronique qui vont retenir beaucoup d’eau et ainsi faciliter leur glissement. De nombreuses pathologies, comme une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une épicondylite (tennis elbow), une fibromyalgie douloureuse ou un diabète peuvent induire des altérations ou un durcissement des fascias. Les hernies inguinales surviennent plutôt sur des fascias devenus trop lâches ou qui cèdent sous la pression des contraintes.
Une influence d'abord sous-estimée
Malgré leur importance, les fascias ont longtemps été négligés par la médecine. En 1983, la médecin personnelle qui soignait à l’époque le président américain John F. Kennedy a décrit pour la première fois avec un confrère le «syndrome myofascial douloureux» – une explication aujourd’hui reconnue de nombreuses douleurs musculaires chroniques.
Pourquoi les fascias «collent»
Des adhérences fasciales peuvent être favorisées par des mauvaises postures, des sollicitations excessives, des blessures, des inflammations, des gestes stéréotypés ou incorrects. Les fascias perdent alors de leur souplesse et se raidissent. La cause en est probablement une réduction de l’irrigation sanguine et par conséquent de l'apport en oxygène et nutriments, comme ce peut être le cas lorsque des structures musculaires sont en tension permanente.